Aujourd'hui, un petit extrait d'un récit écrit voici quelques temps déjà : PLUME. J'y décline une part d'enfance, celle que nous forgeons avec ce que nous retenons à notre façon de tous ces mots dits, lus ou entendus et qui, sans doute, nous forge plus que tous les évènements qui viendront... Ainsi en est-il de notre héroïne, Plume...
Fran Nuda
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| Livre en vente auprès de l'auteur uniquement |
Le fait de
Dieu. L'effet de Dieu. Et ses méfaits, depuis perpétrés, en son nom sacré.
Sacrément
exploité par qui ne cherche que le pouvoir, le pouvoir de conviction,
le devoir de contrition de tous ces repentants qui doivent se soumettre à
l'autorité suprême, sans entrevoir combien elle les soumet à l'immobilité,
celle de leur pensée.
La rumeur.
La rumeur sourde se répand, dans un souffle malsain, celui de mots vilains.
Rien ne résiste à cette lancée de poudre aux yeux qui fait feu telle une
allumette lancée en pleine forêt. On assiste au désastre, fascinés et
chagrinés. Heureux de ne pas en faire partie bien que prenant,
somme toute, parti pour ou contre... La
rumeur à laquelle, malgré tout, là aussi, on se soumet. On ne sait jamais, il y
a peut-être un zeste de vérité. La rumeur sourde au doute éventuel qui soudain,
jaillit et envahit la pensée, celle du moindre pèlerin qui, pour croire en
Dieu, croit aussi au Malin, dont la rumeur est la messagère légère dont se
repaît tout coquin qui sommeille en chacun.
L'être se
perd dans tout ce déballage nauséabond qui lui saute au visage, le plus
souvent, sans crier gare. Quelle est l'idée première de la rumeur ? Quel mot
particulier la fait, à ce point, résonner, laissant croire qu'elle est vérité ?
Par quelle motivation, l'auteur de la rumeur est-il mû ? Dans quel recoin de
son esprit s'est niché ce trait pervers ? Comment vouloir autant nuire à
l'autre ? De quelle matière est faite cette idée première qui donne naissance à
la rumeur ? Haïr le pouvoir de ces mots au service du plus malsain de l'être.
Comment le leur ôter ? Comment nettoyer l’idée de ces atrocités ? Je me suis
très souvent posée la question. Question toujours sans réponse.
Je touche,
là, la limite de mon goût pour les mots. Je ne les ai d'ailleurs pas toujours
aimés. Je n'aimais pas, enfant, parfois, ce qu'ils me disaient. Ou ce qu'ils ne
me disaient pas. Ce qu'ils ne savaient pas dire, comme s'ils m'abandonnaient à
mon triste sort sans nom. Eux et moi, on ne s'est jamais quittés, en fait, mais
on entretenait une lutte permanente pour prendre le pouvoir. Ils m'habitaient
et je les fuyais. Oui, c'est cela... C'est eux que je fuyais. Je n'aimais pas
ce qu'ils me disaient. Il fallait fuir cette réalité, cette bouillie
incohérente de mots incompréhensibles. Des mots multiplicateurs de sens au
point d’en perdre le bon. Insensé, voilà ce que devenait mon langage, insensé
et apeuré. C’est pourquoi je le fuyais...
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Fran Nuda, PLUME, récit initiatique,
La lecture de ce livre m'a ouvert un monde plein de mystere, de doute, de questionnements, d'espoir...l'enfance.Je me suis laissée tellement emportée par tes mots, telle une plume au vent que je dois le relire...pour m’imprégner davantage de chaque mot .Bravo Fran,j'ai adoré !
RépondreSupprimerOh merci à toi, je suis si heureuse car ce livre est sans doute le plus proche de qui je suis au plus profond de moi et depuis l'enfance, cette part de soi immuable... enfin je pense qu'il en est ainsi... l'écriture est toujours un mystère... et doit aussi, quelque part, le rester.
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