Chant aux enfants abusés, Fran Nuda, poèmes
Comment ne pas y penser encore plus en cette période de pandémie ? Comment ne pas penser à ces enfants, les mains fouillant la montagne d'immondices afin d'y trouver de quoi gagner quelque sou ou de quoi manger et qui d'un sourire vous disent " moi je n'ai pas peur d'un virus et si je meurs c'est pas grave " ? Comment ne pas penser à tous les enfants qui, déjà, bien avant ce virus, ont connu tant d'horreurs en si peu de temps, parfois au sein même du foyer chargé de les protéger ? Tout abus de pouvoir commence là, dans l'enfance, que l'on soit homme ou femme, et le pire des abus est celui qui touche à l'intime ; je pense là, en cette période de confinement, à tous les enfants abusés au sein même de leur foyer auquel ils se trouvent actuellement totalement prisonniers, sans aucun aide. Leur prêter mes mots est bien maigre consolation mais puissent-ils sensibiliser quelques-uns afin que cette situation évolue vers le respect de l'enfance.
Fran Nuda
Fran Nuda
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| Toile numérique de RICOU G. |
Amputation
Bras
ballants il attend
le
boucher, il entend
il
sera amputé, il le sait
d'un
bras, sera privé
d'une
jambe, malaisé
dans
son corps, mutilé,
dans
son âme, percé.
Est
là, les bras ballants
personne
ne l'attend
ne
survit qu'un manant,
personne
ne l'entend.
Sonne
l'heure de l'horreur,
voudrait
n'y lire qu'un leurre
comment
rester sans peur
quand
privé de lueur ?
Eût
pu tendre le bras
pour
saisir dans le tas
ce
qui jamais n'aura,
il
a raté le pas.
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Enfant
de rien
Le
sexe en alerte
n'ont
pas vraiment de mauvaises idées
juste
de la curiosité
ils
veulent avant tout s'amuser
se
prouver leur virilité
ils
ont l'âge de la puberté.
Parmi
eux douce et gentille
une
bien jeune petite fille
si
gaie d'être en compagnie
qu'elle
accepte leurs manies.
Trop naïve et trop innocente
elle
ignore ce qu'ils ressentent
ils
en usent avec abus
elle
ignore qu'elle est perdue.
Eux s'amusent à faire l'amour
pour
gagner de la bravoure
c'est
chacun son tour
et
faut payer pour.
Ce
ne sont que jeux d'enfants
pour
grandir adolescents
de
la fillette ils tirent profit
pour
satisfaire toutes leurs envies.
Dans
le silence des plus grands
se
meurt peu à peu un enfant
c'est
lui le grand perdant
de
ces jeux en apparence
innocents.
Dans
le quartier
tout
le monde le sait
ces
jeunes sont réputés
ont
commis des méfaits.
L'enfant
pourtant est laissée
en
trop grande liberté
à
son frère qui fait d'elle
rien
de moins qu'une poubelle.
Si
ce poème est blessant
pensez
aux enfants
qui
ignorants sont consentants
aux
jeux pervers des plus grands.
C'est
leur droit d'existence
qui
est mis en balance
la
victime se condamne
à
se vivre Peau d'âne.
Viol
Il
bascule
hurle,
patibule
tout
son être on immole
à
l'âge d'aller à l'école
se
meurt la libellule
sans
parole, tout en maux
c'est
le portrait d'un marmot.
à
l'âge des calins
on
lui ôte l'humain
truc,
rien ou machin
la
glace est sans tain.
Aucun
autre matin
pour
la vie du pantin
il
est sorti pétrifié
des
mains du meurtrier
Scission
Privé
de son
l'abus
des émotions
scie,
net, le SOI.
Domination
sans diapason
l'être
est pantois.
L'envahisseur
destructeur
abuseur
défend
des valeurs
renie
les malheurs
dont
il est l'auteur
leurre
du beau parleur.
Dans
l'ombre en secret
l'horreur,
sans arrêt
crée
l'enfance trouée
crime
parfait
l'enfant
défait
vivre
a continué.
Malfaçon
sans son
laisse
poindre à l'horizon
l'oraison
de l'enfant hameçon.
Souffrant
sans raison
grandira
polisson.
Que
d'années pour prouver
ce
crime très partagé
jamais
condamné,
des
enfants abusés
dans
le plus grand secret.
Voyeurs
muets
au
banc des accusés...
De
celui qui fait
à
celui qui tait
combien
d'accusés
condamnés
pour
qu'un jour
disparaisse
cette
mise en laisse
de
l'enfant détresse.
Issue
de secours
Toi
qui crois me voir
ignorant,
en moi, le loir
comment
t'apercevoir
que
je vis dans le noir ?
Vite,
un secours
pour
me libérer des secousses !
Mal
qui me parcourt,
vite,
le sortir de sa gousse !
Sortir
de ma tour,
sans
craindre les alentours !
Quand
me prend le tournis,
fuir
le charivari !
Quand
va sonner l'heure
de
ce possible bonheur ?
Naître
et sortir du leurre
d'un
bien piètre voleur.
Il
était enfant seul...
Il
meurt au monde l'enfant qui pleure
le
geste immonde le rendit leurre.
Qui
entend son pleur, là, tout intérieur ?
Quel
est ce malheur qui fait que l'enfant pleure ?
Nul
ne le sait, l'enfant seul est blessé.
Qui
entend son pleur, là, tout intérieur ?
A
la vie il sourit, pourtant l'enfant,
de
la vie, est banni, il eût aimé la vie.
Qui
entend son pleur, là, tout intérieur ?
Il
trace ailleurs la forme du bonheur
qu'il
construit dans la nuit, caché au fond du puits
Qui
entend son pleur, là, tout intérieur ?
Obligeance
A
six ans
on
a tous les talents
surgit
un manant
s'arrête
le temps.
Vilaine
coïncidence
sales
circonstances
stoppent,
net
le
rire de l'enfance.
Dans
l'indifférence
le
brouillard devient dense
tombée
dans l'absence
une
enfant se balance.
Au
fil des ans
sans
le moindre sentiment
le
mors aux dents
rend
le rire grinçant.
Illusion
de l'instant
rend
l'être manquant
privé
d'existence
il
survit dans la danse.
A
quand le hurlement
pour
tuer le manant
qui
git depuis longtemps
au
fin fond de l'enfant ?
Encore
combien de rage
et
de coups de dents
pour
rendre l'enfant
propre
en dedans ?
Toi
l'enfant qui m'entends
refuse
l'obligeance
envers
les plus grands.
Une saison en hiver
A
six ans, la voix brisée, la vie m'a quittée
sept
ans, l'air innocent, mais je crache du sang.
Blessure
après blessure, la vie me traverse
sinécure,
mais, sans cure, d'une enfant encore pure.
Travers,
revers, l'hiver, dans la vie de l'enfant
entre
la saccager brutalement, sauvagement.
PAIX,
PAIX, pour cette enfant, une paix méritée
car,
après tant d'années...Ayez enfin pitié...
Pitié
pour les enfants, les enfants condamnés
aux
excès de ceux qui, adultes animaliers,
en
eux, sculptent l'horreur, qui, d'une bouchée, voleurs
en
eux, tracent, leur sillon, sillon de perversion.
Impunité
de l'action dont voici l'oraison...
Malheur
Malheur
!
c'est
le prix de la vie
de
l'enfant qui se meurt
Qu'avez-vous
à dire, vous,
les
Grands, les spectateurs ?
Qu'avez-vous
à dire, vous,
à
ces vils destructeurs ?
Quel
prix accordez-vous
à
l'outrage du sacré de la vie
de
votre vie aussi ?
J'ai
beau tendre l'oreille
en
écho du silence...
pas
de réponse
à
la dégénérescence
pas
de réponse
à
l'enfance en souffrance
Il
pleure
dans
le coeur
de
l'enfant
qui
meurt
du
silence
des
grands
qui
ont peur
L'enfant
de coeur
Tu
es Guédy l'Errant
au
coeur pourtant si grand
Tu
fuis tes sentiments
et
refuses ton Rang.
Tu
appartiens aux Grands
et
non point aux manants
Tu
connus le tourment
des
enfants sans maman.
Tu
fis face au Levant
tes
larmes ravalant
Tu
restas bon enfant
bien
qu'exclu de ton Clan.
Il
te faut à présent
laisser
couler ton sang
Te
vivre à cent pour cent
réveiller
le Gisant.
Ta
vie devenue vent
te
rend intermittent
Toi
qui naquis aimant
rejoins
ceux de ton Rang.
En
toi l'Etre naissant
rendra
ton coeur saignant
Tu
deviendras très grand
brillant
comme un diamant.
Fran Nuda

Merci Fran pour ces écrits éclairés sur la violence faite aux enfants.Très touchant.
RépondreSupprimerUn beau portrait d'enfant, merci Ricou ... et tes Textes, chère Fran, ces mots qui nous remuent, nous tordent... Merci !(((❣️))) - Ce sont des écrits récents ? -
RépondreSupprimerJe t'embrasse,
Soiz
Le portrait de Ricou est superbe, presque trop pour un si terrible sujet. Quant à tes textes Fran, je suis sans voix, boule au ventre.... merci pour tous les enfants qui se reconnaissent à travers tes mots .
RépondreSupprimerHonte de faire partie des humains ( quel mot en plus) !
RépondreSupprimerAucune excuse pour ces .........,,,
Merci de rappeler qu’on est loin de vivre dans un monde de bisounours , et merci pour cette toile d’Eric .
Bisous
la toile de notre ami Ricou nous renvoie toute la détresse de l'enfant meurtri, criant son désarroi . Fran, tu as écris tous ces textes sur l'enfance meurtrie, volée, violée avec des mots qui m'arrachent des larmes.Je suis très sensible à tout ce qui touche les enfants,Comme toi, lorsque le confinement a démarré, j'ai pensé à tous ces êtres vulnérables, sans défense qui allaient se retrouver 24h /24 avec leur (s) bourreau(x).Quelle horreur! Aucun échappatoire pour eux.Merci pour eux Fran
RépondreSupprimerBig up Fran ! Touché coulé !Sur un fond de mon Pote ! Pas de mots ! Bisous
RépondreSupprimerTrès beau cri d'alarme, remuant, ainsi que la toile d'Éric
RépondreSupprimerOui le martyre de ses enfants terrible et j y ai pensé de suite avec le confinement les horreurs qu ils vont devoir endurees dans le silence et la solitude..😢
RépondreSupprimerBelle peinture de notre ami
Marwychkka lyly
Ah cette Toile de Ricou et tes Mots !
RépondreSupprimerRevue cette Toile, lus-relus tes Mots, et je suis toujours aussi bouleversée.
Le Monde est mal parti... le changer n'est certes pas une cause perdue, mais combien de temps avant que les choses changent, dans bien des domaines ???
Belle journée, Fran ! (((😘)))