De l'âme, François Cheng, Fran Nuda

Comme cet homme fait du bien en cette période particulière où nous devons rester confinés, masqués, gantés, désinfectés, isolés, arrêtés, secoués, perturbés, touchés par ce Covid 19 qui a pris possession de nos vies, comme ça, sans crier gare... Le temps n'est plus trop à l'esprit, la polémique, la philosophie, l'échange, le partage, le mouvement, la danse, l'autre... alors que reste-t-il ? Et si c'était l'âme, justement ? N'avez-vous jamais été traversé par quelque chose de plus... et soudain... puis tout redevient comme avant mais là, en un autre espace-temps, quelque chose a eu lieu... serait-ce l'âme ?
François Cheng nous éclaire de sa relation à l'âme... je le reçois 5 sur 5 pour ma part et je me permets de joindre ici certains de mes poèmes qui témoignent de cet instant qui vous traverse quand plus rien d'autre ne vous rattache à la vie... et soudain... 


Fran Nuda


« L'âme doit se briser avec violence dans sa propre lumière.
De la nuit et de la lumière jaillit un feu, un amour.
Ainsi l'âme doit percer vers l'ordre divin. »
Maître ECKART

Mon cheminement est évidemment plus modeste mais il a le mérite d'avoir été - et ce n'est pas mince affaire - et en voici trace à travers ces écrits choisis parmi d'autres de la même époque, au temps des ténèbres, cherchant un sens et la lumière... depuis, de métamorphose en métamorphose, je chemine vers plus de vérité, en moi et autour de moi...

Lumière sur le chemin
Au loin, par une nuit obscure, dans la tempête et l'ouragan du passé, surgit la faible lumière d'un phare... Le bateau essuie encore la tourmente du temps mais il entrevoit, par intermittences, le lointain possible et serein, d'un autre matin.
« Patience... Patience... et... persévérance. »
C'est le message du phare au bateau soumis aux soubresauts d'une lente et douloureuse agonie, annonciatrice d'alliance et de naissance. Le bateau doute et redoute cette métamorphose qu'il doit subir pour s'éclairer le cœur afin que cette nuit devienne 

« Nuit de nativité »

                    
Ether

Tu renonces au bonheur désormais tu le sais...
Son envers est malheur. Tu cherchais l'existence
Pour te donner un sens te voilà un auteur
Toi seul sais qui tu es, laisse l'encre couler
En toi se niche l'erreur, qui te rend déserteur
Tu découvres le deuil il n'y a pas d'ailleurs
Tu te couvres de pleurs, alors s'ouvre ton cœur
En toi vibre un fluide, renonce à tuer l'hydre
Laisse place au monstre tenace, trouve ton axe
Avec l'autre en toi sans taxe tu vivras plus relax
Puisse ce chemin devenir mien un jour prochain...

  
Latitude

Posé sur piédestal l'autre toujours fait mal
Pourquoi te justifier réclamer son respect ?
Tu es de ce pays pourquoi te vivre truie ?
Sois celle qui regarde sois comme une renarde
Et sors de ta garde...Euréka... tu respires...
Du haut de ton empire tu te riras du pire
En toi gît ce pouvoir accepte de le voir
Sors de l'entonnoir et traverse le miroir...


 Présent

Le sang effervescent
 sort de l'évanescent
Je deviens rouge sang
 luminescent 
me voici feu de sang
Devenu engrais sang
 j'alimente les sans
Je deviens sang pour sans
 A ce présent naissant
J'adhère à cent pour cent
 me voici sang... décent.

                                    
Qui suis-je

J'ai la vie pour habit et cela me suffit
Nature est ma parure d'elle au moins je suis sûre
Va et vient de la vie multiplie mon envie
Je suis seule au foyer brûle au beau comme au laid
Je m'attache au bûcher quand surgit le passé
Cri de larme perlée je me nomme EMOTION
Suis-je vraiment sûre du nom ? Quand surgit PULSATION

                                                          
 Feu d’âme

Une petite fille à l'infâme guenille
Cachait sous peau d'âne le feu de son âme
Un seul abus de loi la priva de tout bois
Pour chauffer à l'envi ce qui devint ennui
Un foyer de cendres pour une salamandre
Qui de feu se nourrit qui de peu dépérit
Ce fut le contexte de celle nommée peste
Qui par cette opinion devint vilain moignon
Au fil des ans mua au feu de l'âme sculpta
La remise en état tout en flamme


Fran Nuda,  1992

 






 

Commentaires

  1. Magnifique, cette homme est passionnant, il en faudrait beaucoup des comme lui. Si tu savais le nombre de lecture que j'j'ai eu à ce sujet, qui m'ont valu le joli surnom de sorcière. Alors oui raccord 100 %, et je découvre que toi aussi mais ça je n'en doutais pas. Merci pour ce joli partage

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  2. Tout à fait d'accord avec Monsieur Cheng sur ce qu'il dit sur l'âme.Et à travers tes poèmes transparaît cette même vision.Merci !

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  3. Tu t'es enfin mise à l'honneur. Enfin à la place qui te revient de droit. C'est bien, c'est beau, c'est magnifique de mettre en avant tes rencontres. Je suis persuadé, tout comme moi, qu'elles t'en sont reconnaissantes bien-sûr. Mais toi, toujours au second plan ça ne fonctionnait plus. Tu as reçu l'éclairage de la scène sur toi, tu es dans la lumière, et moi j'en profite à travers tes poèmes qui m'étaient inconnus. Merci Fran, pour une fois, de te montrer moins pudique et moins altruiste, pour cette fois aussi merci. François Cheng nous dit entre autre que l'âme est la marque de l'unicité de chacun de nous. Comme c'est bien dit. J'adhère complètement et entièrement à ce précepte. Voilà juste ce petit commentaire que je voulais rajouter à l'édifice de ta pyramide Fran.

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  4. Fràn n’a pas dit son dernier , je l’espère et entre nous le contraire m’aurait étonné .
    Mais elle fait du bien, elle fait réfléchir aussi et rendre en conscience ce qu’on avait perdu de vue .
    Tu n’es pas dans l’ombre mon amie, juste discrète mais ta place est sur le devant , ok sans les spots, trop clinquants.
    J’ai bcp de respect aussi pour Mr Cheng , C’est un grand homme, tellement grand qu’il est toute sagesse . Respect .
    Bisous 😘

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  5. Merci chère Fran pour ce très beau partage.
    Bravo pour tes poésies, quelle belle découverte ! ❤️
    Quant à François Cheng, sa Poésie et l'Homme me comblent. J'avais enregistré cette émission de la Grande Librairie. J'ai donc pris le temps d'écouter parler cet Homme qui me fascine et m'apaise l'esprit. (c'était un peu la même chose avec J. D'Ormesson,..). Dommage, tous mes livres de F. Cheng sont restés à Paris, dont "De l'âme"... Ils me manquent. Par contre, j'avais envie d'acheter "60 quatrains inédits", mais je n'ai pas trouvé. Je vais continuer ma rechercher...
    Le poème "L'infini", une merveille !
    Quel bel endroit, ton Blog, chère Fran, on s'y sent si bien ! Merci !
    T'embrasse❤️ (((*_*)))

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