Joyce, huile sur toile, P-O Terrisse, Brocante, poème

Dans ce temps de repli sur soi pour certains, de fatigue extrême pour d'autres, de difficultés de vie, de maladies chroniques en arrêt de soin suite aux nouvelles dispositions sanitaires, de repositionnement pour tous, je vous propose une petite visite virtuelle en brocante, à travers ce poème de Pierre-Olivier Terrisse, avec, bien sûr, son accord. Une bien belle écriture au plus près de la vie. J'apprécie ces poèmes écrits avec beaucoup d'élégance et de respect des mots, je trouve. Vous avez déjà lu, ici, ce poète chercheur - voir les liens en fin de publication - et vous pouvez le lire sur son profil FB. Fidèle à mon goût pour croiser les arts, j'y adjoins cette si jolie toile de mon amie artiste peintre Joyce, et si vous désirez la découvrir plus avant, vous pouvez le faire déjà sur ce blog - voir liens ci-joints - et bien sûr, sur sa page pro FB, en cliquant sur le lien sous la toile. Et si ce vieux livre du poème se trouvait dans cette librairie de Paris où, comme dans ce poème, le livre ancien est à l'honneur.

Fran Nuda



Huile sur toile, 40x40, Joyce, librairie de Paris


Brocante

Ce sont de vieux livres
qui ont longtemps séjourné
sur des rayonnages non moins anciens
entre soupière et porcelaines.
Ils racontent des histoires révolues,
en attendant qu'on vienne
en tourner les pages.
L'homme qui les possédait
est mort le mois dernier.
Certains d'entre eux ont été les compagnons
d'une vie entière.
De toute manière,
ses yeux fatigués ne lisaient plus
depuis longtemps.
Les vieux livres sont restés là,
taiseux
malgré tous les verbes
qui murmurent ou crient
justice et liberté
à l'intérieur de leurs ventres fermés,
gardiens fidèles d'une maison
sans voix d'enfants pour l'animer,
les romans comme les essais politiques et philosophiques,
encombrés de leurs savoirs alourdis de poussière.
L'horloge murale sonne encore les heures
et même les demi-heures,
le soleil tournoie derrière les rideaux tirés,
accompagné par les ombres des jours.
Ils sont les vieux livres
des heures de nos pères.
Si vous en avez envie,
ou plutôt s'il vous appellent
oui vous qui déambulez dans l'allée
et que vous choisissez de répondre à leur insistance,
prenez-les avec respect,
appréciez le parfum du papier fleurs fanées,
ne souriez pas
si vous trouvez leurs idées désuètes,
même si leur couverture est jaunie, écornée :
ils ont construit le présent,
briques enfouies
au cœur de nos fondations sociales.

Le prix est indiqué au crayon sur la page de garde.

(C) Pierre-Olivier Terrisse








Commentaires

  1. Oh 😮, c'est magnifique...
    J’ignore ce que je pourrais y rajouter , à croire que mes mots sont restés aussi sur une étagère , vexés de ne pas se sentir à la hauteur, ou parce que déjà trop utilises .
    Cette toile de Jocelyne, Elle par contre avec tous ces détails , leurs réalisations , leurs compos ne cesse d’attirer notre regard, toujours une découverte à faire , un livre sans fin.
    Merci Fràn , merci à Mr Terrisse , amoureux des livres

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    Réponses
    1. Je n’avais pas terminé 🤔, merci à Jocelyne .
      Bises

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  2. Yep Fran, cela me parle évidement car les livres ont une place particulière dans mon cœur et dans mes rayonnages... Le wk dernier j'ai vidé une étagère de BD (370) pour les reclasser et en relire certaines... Je suis sur un projet de livre mais c'est un travail de trop longue haleine pour moi... J'ai un peu de mal, malgré que toute la trame soit tracée, une page ne s'écrit pas en 5mnn !!
    J'adore ton texte. Bisous

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  3. Un merveilleux poème de monsieur Terrisse bien illustré par cette superbe toile de Jocelyne.Merci Fran de ce beau partage.

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  4. Quel merveille ce poème. Oh oui ça me parle, amoureuse des livres, qui aime les garder après lecture pour le plaisir de pouvoir les ouvrir à nouveau, en caresser les pages et même humer leur parfum si particulier.
    Tout comme les meubles et objets anciens, ils ont une âme et il suffit de savoir les écouter.
    Merveilleusement bien accompagné par cette jolie toile de Jocelyne, si fine, si détaillée qui nous raconte aussi une histoire !

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  5. Oui les mots sont là, justes, choisis. Ils nous font sentir l'encre et la poussière, le papier aussi. J'ai beaucoup aimé la fluidité du texte. La toile de Jocelyne comme accueil. J'aime particulièrement sa façon de peindre, y mêlant douceur et fraîcheur. Merci pour cette association Fran.

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